Danse, petit poussin, sous les cerisiers

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Le soleil se glissa entre les branches roses des cerisiers. Dans l’herbe fraîche, le Lapin de Pâques avançait à petits bonds. Il avait le poil brun, un foulard bleu autour du cou et une grande besace pleine d’œufs décorés.

Derrière lui trottinait son ami, le Poussin jaune au chapeau de paille.

« Où allons-nous, Lapin ? » demanda le Poussin.

« Nous allons réveiller le jardin. C’est le matin de Pâques ! »

Le Lapin posa sa besace près d’un rosier. Le Poussin leva ses petites ailes. Il les battit doucement : flap, flap ! Le Lapin tapa des pattes : toc, toc !

Alors, les branches des cerisiers se balancèrent. Les pétales dansèrent dans l’air comme de petits confettis.

Danse, petit poussin, sous les cerisiers !

Une clochette tinta derrière une feuille. C’était Clochette Lili, une minuscule cloche argentée avec un ruban rose.

« Je peux venir ? » demanda-t-elle.

« Bien sûr ! » répondit le Poussin.

Lili s’envola au-dessus de la ronde. Ding, ding, ding ! Le jardin ouvrit grand ses fleurs.

Pimprenelle la tulipe habitait au bord de l’allée. Ses pétales rouges s’étaient encore fermés pour dormir.

« Pimprenelle, viens danser ! » appela le Poussin.

La tulipe entrouvrit un pétale, puis deux.

« Je ne connais pas les pas », murmura-t-elle.

« Il suffit de suivre le rythme », dit le Lapin. « Un petit balancement à gauche, un petit balancement à droite. »

Le Poussin montra le mouvement. Le Lapin le répéta. Clochette Lili marqua la mesure : ding, ding !

Pimprenelle se balança. Ses feuilles frémirent. Elle avait l’air d’une petite danseuse rouge.

Danse, petit poussin, sous les cerisiers !

Le Lapin ouvrit sa besace. Il en sortit un œuf bleu couvert de pois jaunes.

« Celui-ci cherche une place pour la ronde », annonça-t-il.

Le Poussin fit rouler l’œuf sur l’herbe. Il passa devant Pimprenelle, sous une fougère, puis entre deux pâquerettes. L’œuf tournoya si vite qu’il semblait avoir de petites jambes.

« Attrape-le ! » cria Lili.

Pimprenelle se pencha juste à temps. L’œuf s’arrêta contre sa tige.

« Merci », dit la tulipe. « Maintenant, je peux danser avec un trésor à mes pieds. »

La musique devint plus vive. Le Poussin battait des ailes : flap, flap, flap ! Le Lapin tapait des pattes : toc, toc, toc ! Lili sonnait dans les airs, et Pimprenelle balançait sa tête rouge.

Dans la besace, il restait encore trois œufs décorés. Le Lapin les plaça sur un petit sentier de mousse.

Le premier était rose, avec des étoiles blanches. Le deuxième était vert, avec une grande spirale violette. Le troisième était orange et brillait comme un petit soleil.

« Ils vont rejoindre la ronde eux aussi », dit le Poussin.

À chaque note de Lili, un œuf avançait. Ding, un pas ! Ding, un autre pas ! Les œufs se suivirent en dansant autour du vieux pommier.

Danse, petit poussin, sous les cerisiers !

Soudain, une brise légère traversa le jardin. Les œufs roulèrent vers le bassin. Le Poussin courut à gauche. Le Lapin bondit à droite. Pimprenelle tendit ses feuilles. Lili tinta très fort.

Le petit œuf orange s’arrêta près d’un caillou. Le vert se cacha sous une feuille. Le rose tournoya jusqu’au pied du cerisier.

Tous les amis les retrouvèrent. Puis ils reprirent leur ronde, encore plus serrés, encore plus joyeux.

Le ciel devint doré. Les cerisiers semblaient porter des nuages roses. Le Lapin regarda sa besace vide et sourit.

« Il ne reste plus d’œufs », dit-il.

« Alors, que va-t-on ajouter à la ronde ? » demanda le Poussin.

Clochette Lili descendit doucement. Elle se posa sur le chapeau de paille.

« Moi, je reste ! »

Pimprenelle fit frémir ses feuilles.

« Et moi aussi ! »

Le Lapin posa une patte sur son cœur.

« Dans ce cas, le jardin est au complet. »

Les fleurs se balancèrent. Les œufs brillèrent dans l’herbe. La clochette vola en cercle. Le Lapin tourna sur lui-même, son foulard bleu flottant derrière lui. Le Poussin dansa si joyeusement que son chapeau faillit s’envoler.

Danse, petit poussin, sous les cerisiers !

La chanson monta jusqu’aux branches. Une pluie de pétales tomba sur la ronde.

Flap, flap, faisaient les ailes.

Toc, toc, faisaient les pattes.

Ding, ding, faisait Lili.

Et tout le jardin chantait avec eux, jusqu’à ce que le soleil se cache derrière les collines.

Puis le Poussin salua les fleurs, le Lapin referma sa besace vide, et la dernière note resta suspendue dans l’air, légère comme un pétale.

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