Dix places pour le goûter
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Le matin de Pâques, le Lapin de Pâques sortit de sa maisonnette. Il était brun, avec de longues oreilles, un foulard bleu autour du cou et une besace bien rebondie sur le côté.
À côté de lui sautillait son ami le Poussin. Il était jaune comme un rayon de soleil et portait un grand chapeau de paille, retenu par un ruban vert.
« Aujourd’hui, nous préparons un goûter dans le jardin ! » dit le Lapin. « Et nous allons tout compter, répondit le Poussin. Pour ne rien oublier ! »
Le Lapin déroula d’abord une grande nappe à carreaux.
« Combien avons-nous de nappes ? » « Une ! » chantèrent-ils ensemble.
La nappe s’étendit entre les pâquerettes, sous un pommier en fleurs. Puis le Lapin ouvrit sa besace et en sortit des paniers.
« Combien de paniers ? » demanda le Poussin. « Deux ! Un grand et un petit ! »
Ils posèrent les deux paniers sur la nappe. Dans le petit, le Lapin rangea des serviettes. Dans le grand, il déposa des carottes croquantes.
« Comptons les carottes : une, deux, trois ! »
Trois carottes orange brillèrent au soleil. Le Poussin en croqua une minuscule bouchée, juste pour vérifier qu’elle était bonne.
« Elle est délicieuse », déclara-t-il. « Alors, n’en mange pas une deuxième ! » plaisanta le Lapin.
Au-dessus d’eux, une cloche tinta au loin. Puis une autre cloche passa dans le ciel, portée par les ailes invisibles du printemps.
Le Lapin leva les yeux. Quatre tulipes rouges dansaient près de la clôture.
« Une, deux, trois, quatre tulipes ! » compta le Poussin en les montrant du bout de son aile.
À côté des tulipes, cinq pâquerettes formaient une petite couronne blanche.
« Une, deux, trois, quatre, cinq ! »
Le Poussin plaça la couronne au milieu de la nappe. Elle sentait le printemps et le soleil.
Soudain, six petites cloches dorées traversèrent le ciel en tintant. Elles volaient très haut, comme si elles avaient des ailes de lumière.
« Regarde ! Une, deux, trois, quatre, cinq, six cloches ! » s’écria le Lapin.
Les cloches firent ding, ding, ding, puis disparurent derrière un nuage blanc.
Dans l’herbe, le Poussin trouva ensuite des fraises bien rouges.
« J’en vois sept ! »
Ils les comptèrent avec soin : une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept.
« Nous les mettrons dans une petite assiette », dit le Lapin. « Et je garderai la plus ronde pour la fin », répondit le Poussin. « D’accord, mais pas avant le goûter ! »
À cet instant, huit papillons s’envolèrent autour d’eux. Deux étaient jaunes, trois bleus et trois orange. Ils tournoyèrent au-dessus des fleurs, puis se posèrent un instant sur le chapeau de paille.
« Huit papillons ! » murmura le Poussin.
Le plus petit resta sur son chapeau. Le Poussin ne bougea plus, pas même le bout de son bec.
Quand les huit papillons repartirent, le Lapin ouvrit sa besace.
« Il nous manque encore les décorations des œufs », dit-il.
Il sortit neuf rubans colorés : rose, bleu, jaune, vert, violet et orange. Ils étaient si longs qu’ils s’enroulèrent autour du panier.
« Comptons-les : une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ! »
Le Poussin noua les rubans en petits nœuds. Le vent les fit frissonner comme de minuscules drapeaux.
Puis, dans un coin du jardin, ils découvrirent un panier couvert de mousse.
À l’intérieur se trouvaient les œufs que le Lapin avait préparés. Le premier était rouge avec des points blancs. Le deuxième était bleu avec des étoiles. Le troisième était jaune comme le Poussin. Les autres portaient des rayures, des fleurs, des spirales et de petits pois.
« Combien d’œufs décorés ? » demanda le Lapin.
Ils les posèrent délicatement sur la nappe et comptèrent : une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix !
Dix œufs décorés brillaient au soleil.
« Dix, c’est beaucoup ! » dit le Poussin. « C’est juste assez pour notre goûter », répondit le Lapin. « Il faut maintenant préparer les places. »
Ils installèrent les deux paniers, les trois carottes, les sept fraises et les dix œufs. Le jardin sentait la terre chaude, les fleurs et le gâteau au miel que le Lapin avait caché dans sa besace.
Une petite voix se fit entendre derrière un bouquet de violettes.
« Est-ce que je peux venir ? »
Derrière les violettes apparut Noé, le petit mulot. Il avait des moustaches fines, un gilet brun et les pattes un peu couvertes de terre.
« Bonjour, Noé ! » dit le Poussin. « Tu arrives juste à temps. » « J’ai senti le gâteau au miel depuis mon terrier », expliqua Noé.
Le Lapin regarda la nappe. Il y avait déjà des assiettes et des gobelets tout autour.
« Comptons les places avec Noé », proposa-t-il.
Ils commencèrent près du panier : une place, deux places, trois places, quatre places, cinq places. Puis ils continuèrent : six places, sept places, huit places, neuf places, dix places.
Noé ouvrit de grands yeux.
« Mais je ne vois que vous deux et moi. Pourquoi dix places ? » « Parce que nous attendons peut-être des invités », répondit le Lapin. « Ou parce qu’une place était déjà prévue pour toi », ajouta le Poussin.
Noé regarda la dixième place. Elle se trouvait juste à côté du panier de fraises, sous une fleur de pommier tombée sur la nappe.
« Elle est très jolie, cette place », dit-il.
Le Lapin lui tendit une petite serviette. Le Poussin plaça devant lui une assiette et une fraise bien ronde.
Les trois amis recomptèrent encore une fois, en touchant chaque assiette du bout de la patte ou de l’aile : une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix.
Dix places pour le goûter.
Alors les cloches revinrent dans le ciel. Elles tintèrent doucement. Les papillons dansèrent parmi les fleurs, le vent fit bouger les rubans et Noé goûta la fraise ronde.
« Elle est parfaite », dit-il. « J’avais bien compté », répondit le Poussin.
Le Lapin sourit, puis partagea le gâteau au miel. Dans le jardin, chacun trouva sa place autour de la nappe, et le goûter commença entre les rires, les miettes et le parfum du printemps.
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