3-6 ans

Le secret de la serre aux fraises

À la veille de Pâques, un lapin et un poussin cherchent un parfum qu’aucun flacon ne peut garder.

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Ce matin-là, le Lapin de Pâques traversait le jardin avec sa besace pleine d’œufs décorés. Son foulard bleu dansait sur sa fourrure brune. Près de lui trottinait le Poussin jaune, coiffé de son chapeau de paille. « Attends ! Tu as entendu ? » demanda le Poussin. Derrière une haie, quelque chose faisait : plic… plic… Ils découvrirent une petite serre. Des gouttes tombaient du toit. À l’intérieur, des fraisiers portaient des boutons de fleurs bien serrés. « C’est curieux, dit le Lapin. Les autres fraisiers sont déjà fleuris. » Le Poussin approcha son bec d’un bouton. « Bonjour. Tu dors encore ? » Une feuille remua. Puis une voix minuscule répondit : « Nous attendons le parfum du printemps. Sans lui, impossible de nous ouvrir. » Le Lapin renifla. Cela sentait la terre humide, les pots et un peu la mousse. Sur une étagère, il trouva une étiquette : Le parfum du printemps se cache dans les gestes joyeux du jardin. « Un parfum caché dans des gestes ? » s’étonna le Poussin. Le Lapin tira de sa besace un œuf creux, peint de petites étoiles. « Cherchons. Nous trouverons peut-être comment le rapporter. »

Au pied du pommier, Miette la coccinelle tournait autour d’une brouette. « Mon ruban s’est coincé sous la roue. Je voulais décorer cette branche pour Pâques. » Le Lapin souleva la brouette. Le Poussin tira doucement sur le ruban. Miette retrouva son joli nœud rouge. « Tu peux m’aider à l’accrocher ? » demanda-t-elle. Le Lapin tendit la patte. Le Poussin monta sur une souche. Ensemble, ils nouèrent le ruban à une branche basse. Miette fit une pirouette dans l’air. « On dirait que le pommier a mis sa tenue de fête ! » Le Poussin rit. À cet instant, une odeur légère passa près de son bec. Elle rappelait l’herbe fraîchement coupée. « Le parfum ! Ouvre l’œuf ! » Le Lapin écarta les deux moitiés. Mais la petite odeur s’envola avec le vent. « Trop tard », souffla le Poussin. Miette se posa sur le chapeau de paille. « Où allez-vous avec un œuf vide ? » Ils lui parlèrent des fleurs fermées. « Je viens avec vous. À trois, on aura davantage de nez. » Le Poussin louchait vers son bec. « Même si certains nez sont un peu pointus ! » Et tous trois reprirent le chemin.

Près des carottes, Basile le radis bavard avait beaucoup de choses à raconter. « Figurez-vous que les cloches ont survolé le jardin ce matin ! Une petite, une grosse, puis… » Il s’arrêta. Devant lui, des œufs décorés avaient roulé dans une rigole boueuse. « Je voulais les apporter aux escargots. Mais je suis tombé, et maintenant ils sont tout sales. » Le Poussin apporta une feuille douce. Le Lapin versa un peu d’eau de son gobelet sur la feuille. Miette montra les taches oubliées. Ils frottèrent les œufs avec soin. Puis ils les installèrent dans un nid de brindilles, juste devant la maison des escargots. Basile se balança sur sa petite racine. « Attendez, celui-ci est à l’envers ! Son soleil regarde ses chaussures ! » Le Poussin retourna l’œuf. Tout le monde éclata de rire. Une odeur de fleurs et de feuilles neuves les enveloppa. Cette fois, le Lapin referma vite l’œuf creux. Il le rouvrit un instant. Rien. Le Poussin baissa son chapeau. « Ça ne veut pas rester dedans. » Miette se frotta les antennes. « Pourtant, quand nous rions ensemble, ça revient. » Le Lapin regarda ses amis, puis le chemin de la serre. « Et si nous y allions tous ? »

Dans la serre, rien n’avait bougé. Les boutons restaient fermés. Basile regarda autour de lui. « Ces pots sont de travers. Je peux les remettre droits ? » « Et moi, je vais ouvrir la fenêtre », proposa le Lapin. Le Poussin ramassa les feuilles sèches. Miette alla saluer chaque fraisier, jusque dans le coin le plus éloigné. Un rayon de soleil entra. Le Lapin installa près des pots l’œuf étoilé, grand ouvert. « Il ne contient aucun parfum, dit-il. Mais il peut faire une jolie décoration. » Le Poussin voulut y déposer une plume. En se penchant, son chapeau glissa sur ses yeux. « Tiens, c’est déjà la nuit ? » Basile pouffa. Miette battit des ailes. Le Lapin releva doucement le chapeau. Alors, une odeur tendre emplit la serre. Elle sentait l’herbe, les fleurs et presque les fraises mûres. Un bouton s’ouvrit. Puis deux. Puis tous les autres, en petites étoiles blanches. Le Poussin resta le bec entrouvert. « Cette fois, on n’a même pas eu besoin de fermer l’œuf. » Dehors, une cloche tinta dans le ciel rose. Les amis s’assirent devant la serre. Dans quelques semaines, ils reviendraient avec un panier. Pour les fraises, il fallait encore patienter un peu.

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