3-6 ans

Les huit œufs de la grande corbeille

Au matin de Pâques, le Lapin de Pâques et le Poussin partent dans le jardin pour retrouver huit œufs avant le tintement des cloches.

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Le soleil venait de se lever sur le jardin. Les tulipes ouvraient leurs pétales rouges, les abeilles bourdonnaient doucement et une brise faisait danser les feuilles.

Le Lapin de Pâques avançait sur le chemin. Il était brun, portait un foulard bleu autour du cou et une grande besace sur le dos. À côté de lui sautillait le Poussin jaune, coiffé d’un chapeau de paille.

Dans la besace, il n’y avait encore aucun œuf.

« Il nous faut huit œufs pour remplir la grande corbeille, dit le Lapin. Tu viens m’aider ? »

« Oui ! Je vais ouvrir grand les yeux ! » répondit le Poussin.

Près d’une tulipe violette, le Poussin s’arrêta net.

« Regarde ! Il y en a un ! »

Sous une feuille brillait un œuf bleu, décoré de petites étoiles blanches.

Le Lapin le prit avec soin et le posa dans la besace.

« Comptons : un ! »

Le Poussin leva une aile.

« Un œuf bleu ! »

Plus loin, près d’un rosier, deux œufs roses étaient cachés dans l’herbe. L’un portait des pois blancs, l’autre de fines rayures dorées.

« Après un, voici deux ! » dit le Poussin.

Ils les ramassèrent doucement.

« Un, deux, trois ! » compta le Lapin en les ajoutant au premier œuf.

La besace commençait à chanter un petit cliquetis joyeux.

Le Lapin et le Poussin continuèrent entre les plates-bandes. Des papillons blancs tournoyaient au-dessus des fleurs. Tout au fond du jardin, les jonquilles formaient une petite mer jaune.

« Peut-être que les œufs se sont cachés là », murmura le Poussin.

Il avança sur la pointe des pattes. Soudain, il aperçut une tache jaune derrière une jonquille.

« J’en vois un ! »

C’était un œuf jaune, décoré d’un large soleil orange.

« Comptons le prochain, dit le Lapin. Quatre ! »

À côté du premier, un deuxième œuf jaune dépassait de la terre. Il était couvert de petits cœurs verts.

« Cinq ! » s’écria le Poussin.

Puis une troisième coquille apparut sous les feuilles.

« Six ! »

Ces trois œufs jaunes étaient bien rangés, comme s’ils attendaient leur tour.

Le Poussin les plaça dans la besace. Mais une minuscule coquille vide était posée près d’une pierre.

« Oh, regarde ! Quelqu’un est passé par ici », dit le Lapin.

Un escargot avançait lentement sur la pierre. Sa coquille brillait comme du caramel.

« Bonjour, Caramel ! As-tu vu d’autres œufs ? » demanda le Poussin.

Caramel leva ses longues antennes et montra une feuille de menthe.

« Là-bas, près des petites fleurs vertes », souffla-t-il.

« Merci, Caramel ! » dit le Lapin.

L’escargot sourit, puis reprit son chemin à la vitesse d’une feuille qui tombe.

Près des petites fleurs vertes, les herbes bougeaient toutes seules.

Le Poussin écarta une feuille.

« Un œuf vert ! »

Il était peint comme une petite feuille de printemps. Le Lapin le posa dans la besace.

« Nous avions six œufs. Maintenant, comptons le septième : sept ! »

À cet instant, une coccinelle grimpa sur le chapeau de paille du Poussin. Elle lui chatouilla le front.

« Hi hi ! » rit-il en se penchant.

Sous son chapeau, il aperçut alors une autre coquille verte, décorée de fleurs blanches.

« Le dernier est ici ! »

Le Lapin le ramassa avec précaution.

« Et voici le huitième : huit ! »

Ils regardèrent les œufs réunis dans la besace.

Il y avait un œuf bleu, deux œufs roses, trois œufs jaunes et deux œufs verts.

« Un plus deux font trois, puis trois font six, puis deux font huit », récita le Poussin en comptant sur ses ailes.

Caramel arriva juste à temps pour écouter.

« Huit œufs, huit couleurs de lumière », dit-il.

Le Lapin hocha la tête. La grande corbeille les attendait près de la vieille fontaine. Mais le chemin était couvert de pétales, et le vent poussait les fleurs dans tous les sens.

« Vite, sans courir », dit le Lapin.

Le Poussin marcha très droit, les ailes écartées pour garder l’équilibre. Caramel suivait derrière lui, laissant un petit trait brillant sur la terre.

La grande corbeille se trouvait près de la fontaine, sous un arbre couvert de petites feuilles neuves. Le Lapin posa un coussin de mousse au fond, puis les œufs furent installés un par un.

« D’abord le bleu », dit le Poussin.

« Un ! »

« Puis les deux roses. »

« Deux et trois ! »

« Ensuite les trois jaunes. »

« Quatre, cinq et six ! »

« Et enfin les deux verts. »

« Sept et huit ! »

La grande corbeille était pleine. Les étoiles blanches, les pois, les rayures, les cœurs, les soleils et les petites fleurs formaient un joyeux mélange.

Le Lapin arrangea le foulard bleu autour de son cou.

« Juste à temps. »

Au-dessus du jardin, les cloches de Pâques apparurent dans le ciel. Elles volaient entre les nuages, avec leurs rubans qui flottaient derrière elles.

Ding !

Le son roula sur les toits, passa au-dessus de la fontaine et fit frissonner les jonquilles.

Le Poussin leva son chapeau.

« Elles nous ont attendus ! »

Caramel, arrivé près de la corbeille, observa les huit œufs avec ses grands yeux tranquilles.

Le Lapin prit la poignée de la corbeille. Le Poussin marcha à côté de lui. Ensemble, ils traversèrent le jardin pendant que les cloches volaient encore et que les fleurs s’ouvraient toujours un peu plus.

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