3-6 ans

Saute, saute, graine de pois

Au matin de Pâques, un poussin chante pour réveiller une petite graine cachée sous la terre.

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Le matin de Pâques, le jardin brillait de rosée. Entre les tulipes, des œufs décorés reposaient dans l’herbe. Leurs coquilles étaient rouges, jaunes, bleues ou couvertes de petits pois. Au loin, les cloches volaient dans le ciel en faisant tinter leurs voix.

C’était un jardin un peu magique : au printemps, les graines y poussaient parfois très vite.

Un Lapin de Pâques arriva par le sentier. Il était brun, portait un foulard bleu autour du cou et une besace pleine de rubans. Derrière lui trottinait un poussin jaune, coiffé d’un grand chapeau de paille.

« Regarde, Lapin ! Là, sous la terre, il y a une graine de pois. Elle dort encore. »

Le Lapin posa sa besace et tendit l’oreille. Toc, toc, toc. Avec ses pattes, il frappa doucement la terre. Un petit ver de terre sortit la tête.

« Je m’appelle Pépito, murmura-t-il. La graine a besoin d’un peu de musique. »

Le Poussin gonfla sa poitrine. Il chanta d’une voix claire :

Saute, saute, graine de pois, pousse tout droit, pousse pour moi !

Sous la terre, quelque chose bougea. Une minuscule pointe verte souleva un grain de sable.

Le Poussin tapa des ailes, très doucement, pour ne pas réveiller les coccinelles. Le Lapin continua son rythme avec ses pattes.

Toc, toc. Toc, toc.

« Encore une fois, petite graine ! Tu peux sortir », chuchota le Poussin.

Pépito se glissa sous la terre et poussa une petite motte par ici, puis une autre par là. La pointe verte remua. Elle grandit d’abord jusqu’à la taille d’un bouton, puis à celle d’une bille.

Le soleil monta dans le ciel. Une abeille passa en fredonnant. Les cloches volantes sonnèrent plus loin, comme si elles accompagnaient la chanson.

Le Poussin reprit son refrain :

Saute, saute, graine de pois, pousse tout droit, pousse pour moi !

Alors la graine fit un joli bond. Crac ! Une tige verte sortit de terre. Elle se redressa entre deux œufs décorés et se balança dans le vent.

« Je te vois ! » s’écria le Poussin.

Le Lapin sourit et rangea quelques chocolats dans sa besace. Pépito, lui, dessina un petit cercle autour de la tige avec son nez.

« Voilà, dit-il. Un peu d’espace pour grandir. »

La tige trembla, comme si elle avait envie de danser.

L’après-midi arriva avec un parfum de terre mouillée. Une petite pluie tomba, légère comme des perles. Le Lapin abrita le Poussin sous son foulard bleu, tandis que Pépito se cachait dans un petit tunnel.

Quand le soleil revint, la tige avait grandi. Elle portait deux feuilles rondes, puis quatre. Ses feuilles luisaient comme de petites oreilles vertes.

« Tu as mis ta plus belle robe », dit le Poussin.

Le Lapin tapota le sol. Toc, toc. La tige se balança à droite, puis à gauche.

Le Poussin chanta encore :

Saute, saute, graine de pois, pousse tout droit, pousse pour moi !

La tige grandit jusqu’au genou du Lapin. Une boule blanche apparut au sommet. Elle était encore fermée, bien serrée, avec de fins plis autour d’elle.

Pépito sortit de son tunnel.

« Je crois qu’une surprise se prépare. »

Les oiseaux se posèrent sur la clôture. Les œufs décorés semblaient écouter. Même les cloches ralentirent leur vol dans le ciel.

Le Poussin approcha son chapeau de paille de la petite boule blanche.

« Tu peux prendre ton temps, graine de pois. Nous sommes là. »

La boule s’ouvrit un peu. Un pétale blanc apparut. Puis un autre. Puis encore un autre, doux et brillant comme un morceau de nuage.

Au coucher du soleil, le jardin sentait le printemps. La petite graine n’était plus une graine. Elle était devenue une jolie plante, avec une longue tige, des feuilles nombreuses et une grande fleur blanche.

Le Lapin posa sa besace près d’elle. Le Poussin ôta son chapeau de paille et fit une révérence. Pépito applaudit en faisant frémir sa petite moustache.

Le Lapin frappa un dernier rythme, tout léger.

Toc. Toc. Toc.

Le Poussin chanta une dernière fois :

Saute, saute, graine de pois, pousse tout droit, pousse pour moi !

La fleur blanche s’inclina, comme pour saluer. Un parfum délicat se répandit entre les tulipes. Les œufs décorés brillèrent dans l’herbe. Les cloches passèrent au-dessus du jardin en tintant joyeusement.

« Elle a poussé jusqu’aux étoiles », souffla le Poussin.

« Et demain, peut-être, une autre graine nous fera chanter », répondit le Lapin.

Pépito leva son nez hors de la terre.

« Moi, je connais justement un petit coin près des marguerites… »

Tous trois rirent doucement. Puis ils s’assirent autour de la fleur blanche pour regarder le ciel devenir rose. Dans la besace du Lapin, les chocolats attendaient encore. Mais personne ne se pressait. Le jardin avait une chanson à écouter.

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