Les cinq paniers du matin

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Le soleil glissait ses rayons entre les branches du vieux pommier. Dans le jardin encore couvert de rosée, le Lapin de Pâques avançait à petits bonds. Il était brun, portait un foulard bleu autour du cou et une grande besace sur le dos. À côté de lui trottinait le Poussin jaune, coiffé de son chapeau de paille. « Les paniers sont prêts ? » demanda le Poussin. « Les cinq paniers sont prêts », répondit le Lapin. « Il ne manque plus que les œufs. » Près d’un buisson de pâquerettes, quelque chose brillait. Le Poussin écarta deux feuilles. « J’en vois un ! » Le Lapin sortit un œuf peint en rouge et le posa dans le premier panier. « Comptons ensemble : un œuf. » Dans le panier, il ajouta une petite fleur blanche. « Et une fleur pour le premier panier », dit-il. Un peu plus loin, sous une feuille de rhubarbe, un deuxième œuf apparut. Il était bleu, avec des pois jaunes. « Deux œufs ! » chantonna le Poussin en le déposant près du premier. Une clochette tinta au-dessus d’eux. Trois petites cloches dorées traversèrent le ciel en volant, poussées par une brise légère. Le Lapin leva les yeux. « Les cloches annoncent que le printemps est bien réveillé. » Le Poussin serra son chapeau. « Alors, continuons ! »

Le deuxième panier attendait près du potager. Le Lapin et le Poussin avancèrent entre les salades et les tulipes. Un œuf violet dépassait d’un tas de feuilles. « Le troisième œuf ! » dit le Poussin. Il le ramassa avec ses petites ailes et le donna au Lapin. Celui-ci le posa dans le deuxième panier, puis ajouta deux jonquilles jaunes. « Un, deux : deux fleurs dans le deuxième panier. » Derrière un arrosoir, un autre œuf les attendait. Il était orange, décoré de spirales vertes. « Le quatrième œuf ! » Le Poussin compta avec lui : « Un, deux, trois, quatre ! » Le jardin semblait écouter. Une noisette roula alors jusqu’à leurs pieds. Biscotte l’écureuil sortit d’un rosier. « Je peux vous aider ? » demanda-t-il. « Oui, cherche avec nous », répondit le Lapin. Biscotte grimpa sur une pierre et aperçut deux œufs près de la mare. Le premier était rose. « Le cinquième ! » Le second était blanc, avec de petites étoiles rouges. « Le sixième ! » Le Lapin les plaça dans le troisième panier et y ajouta trois fleurs : une tulipe rouge, une pâquerette et une violette. « Trois fleurs pour le troisième panier », annonça le Poussin. Biscotte remua sa queue. « Les paniers commencent à ressembler à de vrais bouquets. »

Le quatrième panier se trouvait au fond du jardin, sous un grand cerisier en fleurs. Le Lapin aperçut un œuf vert dans l’herbe. « Voici le septième ! » Le Poussin le compta lentement, en touchant chaque œuf du bout de l’aile : « Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept. » Puis Biscotte découvrit un œuf jaune caché dans une botte de paille. « Le huitième ! » Le Lapin déposa les deux œufs dans le quatrième panier et choisit quatre petites fleurs roses. Les pétales dansaient dans le vent. Tout à coup, les cloches revinrent. Il y en avait quatre, cette fois. Elles passèrent au-dessus du cerisier avec un tintement doux. « Elles nous montrent le chemin du dernier panier », dit le Poussin. Au pied d’un vieux banc, ils trouvèrent un œuf turquoise. « Le neuvième ! » s’écria Biscotte. Juste derrière le banc, un œuf doré brillait comme un rayon de soleil. « Et le dixième ! » Le Poussin le prit délicatement. Le Lapin plaça les deux derniers œufs dans le cinquième panier. Il y ajouta cinq fleurs : une rose, une bleue, une blanche, une jaune et une mauve. « Cinq fleurs pour le cinquième panier. » Le Poussin sourit sous son chapeau. « Nous avons dix œufs. C’est assez pour la grande fête ! »

Les cinq paniers étaient maintenant alignés sur la grande table du jardin. Le premier portait une fleur. Le deuxième en portait deux. Le troisième en portait trois. Le quatrième en portait quatre. Le cinquième en portait cinq. Le Lapin recula pour les admirer. « Regardons encore les œufs », proposa-t-il. Le Poussin les montra un à un : « Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! » Les couleurs brillaient dans la lumière du matin. Biscotte accrocha une guirlande entre deux branches. Les cloches volantes descendirent un peu, comme pour écouter la musique du jardin. Le Lapin posa sa besace vide sur la table. « Tout est prêt : dix œufs décorés, cinq paniers et quinze fleurs. » Le Poussin compta les paniers du bout de son aile : « Un, deux, trois, quatre, cinq. » Puis il respira le parfum des jonquilles. Au loin, les premières familles arrivaient avec des rubans et des gâteaux. Le jardin se remplit de rires, de couleurs et de petits pas pressés. Le Lapin noua mieux son foulard bleu. « La fête peut commencer. » Le Poussin leva son chapeau de paille. Une cloche tinta, puis une autre. Dans le ciel clair, toutes les cloches dansèrent au-dessus des fleurs.

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