Les bourdons du printemps : en quoi sont-ils différents des abeilles ?

Un gros insecte velu bourdonne près des premières fleurs : est-ce un bourdon ou une abeille ? Pour les distinguer, observe leur silhouette, leur façon de butiner et leur vie au fil des saisons.

Un bourdon trapu et velu et une abeille plus fine butinent des fleurs, observés à distance par un enfant et un parent.

Le bourdon est une abeille

Les bourdons font partie de la famille des abeilles. Quand on oppose « bourdon » et « abeille », on compare généralement le bourdon à l’abeille domestique, aussi appelée abeille mellifère. C’est celle que des apiculteurs élèvent dans des ruches pour récolter notamment du miel.

Mais toutes les abeilles ne vivent pas dans une ruche. Il existe de nombreuses espèces sauvages, avec des tailles, des couleurs et des habitudes différentes. Certaines vivent seules, tandis que les bourdons vivent généralement en petites colonies. Une petite abeille aperçue au jardin n’est donc pas forcément une abeille domestique.

Pour comprendre ce que ces insectes viennent chercher dans les fleurs, tu peux aussi découvrir les abeilles au printemps. Le bourdon et l’abeille domestique récoltent tous deux du nectar et du pollen, mais leur apparence et leur organisation permettent de les différencier.

Une silhouette à observer

Le bourdon a généralement un corps trapu, arrondi et très velu. L’abeille domestique paraît plus fine, avec un abdomen dont les bandes sont souvent plus faciles à voir. Elle porte elle aussi des poils : pour les distinguer, il faut donc observer leur pilosité sans croire que l’un des deux en est dépourvu.

Les couleurs donnent des indices, mais elles ne suffisent pas. Selon l’espèce, un bourdon peut porter des bandes jaunes, blanches, orangées ou rousses. Certains ont même une grande partie du corps sombre. La règle « jaune et noir égale bourdon » ne fonctionne donc pas : plusieurs autres insectes présentent ces couleurs.

La taille n’est pas une preuve à elle seule non plus. Une reine bourdon peut être bien plus imposante qu’une ouvrière de la même espèce. Si tu observes deux bourdons de tailles différentes sur une fleur, cela ne signifie pas forcément qu’ils appartiennent à deux espèces différentes.

Le bruit ne permet pas non plus de trancher. Le bourdonnement accompagne le mouvement des ailes, mais son intensité varie. Pour reconnaître ton visiteur, regarde plusieurs indices ensemble : sa silhouette, sa pilosité et ses couleurs.

Les premiers vols du printemps

Dans les régions tempérées, les gros bourdons aperçus au début du printemps sont souvent des reines sorties de leur repos hivernal. Elles cherchent des fleurs pour se nourrir, puis un endroit où installer une nouvelle colonie. Selon l’espèce, ce refuge peut être une cavité dans le sol, une touffe d’herbe ou un autre abri.

Les bourdons peuvent être actifs par des températures plus fraîches que les abeilles domestiques. Leur pilosité limite les pertes de chaleur, et ils peuvent réchauffer leurs muscles du vol avant de décoller. Leurs sorties restent toutefois limitées par les conditions météorologiques : ils ne volent pas par tous les temps, notamment à cause du froid, de la pluie et du vent.

Si tu rencontres un bourdon posé sans bouger, il n’est pas forcément en difficulté. Il peut simplement faire une pause. Observe-le sans le toucher, sans le déplacer et sans tenter de le faire repartir. Quelques minutes d’attente permettent parfois de le voir reprendre son activité.

Deux façons de vivre ensemble

Chez la plupart des bourdons des régions tempérées, la colonie suit un cycle annuel. La reine commence seule : elle prépare le nid, récolte de la nourriture et élève les premières ouvrières. Celles-ci prennent ensuite en charge une partie des récoltes et des soins aux jeunes.

Plus tard dans la saison, la colonie produit des mâles et de futures reines. Après l’accouplement, les nouvelles reines cherchent un abri pour passer l’hiver. L’ancienne reine, les ouvrières et les mâles meurent généralement avant l’hiver. La colonie ne reste donc pas réunie d’une année à l’autre.

Chez l’abeille domestique, la colonie peut au contraire traverser plusieurs années. Elle passe l’hiver en groupe et utilise ses réserves de miel. Une colonie d’abeilles domestiques compte souvent des dizaines de milliers d’individus, contre quelques dizaines à quelques centaines chez de nombreux bourdons.

Le faux-bourdon, lui, est le mâle de l’abeille domestique. Malgré ce que son nom pourrait laisser croire, ce n’est pas un bourdon : il n’appartient donc pas au même groupe que les bourdons que tu observes sur les fleurs du jardin.

Des visiteurs utiles aux fleurs

En butinant, bourdons et abeilles domestiques transportent du pollen d’une fleur à une autre. Ce déplacement peut permettre la fécondation des fleurs et la formation de graines ou de fruits. Tous les végétaux ne dépendent cependant pas de ces insectes : certains sont notamment pollinisés par le vent.

Les bourdons possèdent une capacité que l’abeille domestique n’utilise pas : la pollinisation par vibration. Sur certaines fleurs, ils s’agrippent et font vibrer leurs muscles pour libérer le pollen. C’est particulièrement utile pour les fleurs de tomate, dont le pollen est enfermé dans des structures qui le libèrent par de petites ouvertures.

Les deux insectes peuvent porter des pelotes de pollen sur leurs pattes arrière. Si tu aperçois ces petites masses jaunes, orangées ou d’une autre couleur, elles ne permettent donc pas, à elles seules, de reconnaître un bourdon. Elles montrent surtout qu’un transport de pollen est en cours.

À partir de quel âge ?

Dès 6 ans, vous pouvez proposer une courte observation des bourdons, en restant à distance des fleurs visitées et sans chercher à attraper les insectes. L’enfant observe leur silhouette, leurs poils et leur façon de se déplacer.

Vers 8 à 12 ans, vous pouvez comparer les cycles des colonies ou expliquer la pollinisation par vibration. Vous pouvez apprendre quelque chose sans avoir à reconnaître chaque espèce.

Prévoyez une règle claire : on ne touche ni les insectes ni leur nid. Les femelles bourdons peuvent piquer si elles sont inquiétées. Si vous repérez des allées et venues vers un trou ou une cavité, choisissez un autre endroit pour l’observation.

À faire ensemble

Proposez un carnet d’observation de dix minutes dans un jardin ou un parc. Choisissez quelques fleurs accessibles depuis une allée, sans vous placer sur le trajet des insectes. Une feuille et un crayon suffisent : aucune capture ni aucun matériel spécial ne sont nécessaires.

Sur ta feuille, dessine trois colonnes : silhouette, couleurs, comportement. Pour chaque visiteur, note ce que tu vois vraiment, par exemple « corps rond », « bout blanc » ou « reste longtemps sur une fleur ». Si tu hésites, écris simplement « insecte non identifié ». C’est une bonne habitude de naturaliste.

De retour à la maison, vous pouvez prolonger l’activité avec L’arrosoir et les marguerites : l’enfant y ajoute un bourdon et une abeille domestique en accentuant leurs différences de silhouette. La rosace du jardin fleuri peut ensuite servir de support pour dessiner les déplacements imaginaires de ces visiteurs entre plusieurs fleurs.

Compare enfin les dessins aux notes prises dehors. Cherche surtout à distinguer ce que tu as observé de ce que tu as imaginé, sans chercher à produire un insecte parfait. Une nouvelle sortie, un autre jour, permettra peut-être de compléter le carnet.

Sources